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El systemas de Trueke au Venezuela.

Maracay, le 6 août 2012

Le troc est impulsé au Venezuela en 2006 par Hugo Chavez. Celui-ci s’inspire des modèles argentins et colombiens qui ont tenté l’expérience avant l’heure.

Hugo Chavez a su s’entourer de personnes expérimentées dans le domaine afin de ne pas reproduire les échecs et dérives du système argentin où les initiateurs du troc ont fini par y voir une source de profit et où l’initiative a été entachée par la corruption

Reposant sur des traditions indigènes ancestrales, le système de troc mis en place a pour objectif premier de permettre aux Vénézuéliens de devenir acteurs au sein de leur communauté en produisant et partageant leurs productions et à subvenir ainsi à leurs besoins. Idée louable lorsqu’on sait qu’hormis le pétrole, le Venezuela ne produit que de très rares produits et doit donc importer la majorité de ses produits de consommation.

En prônant le troc, Hugo Chavez espère ainsi amener son pays à limiter les importations et donc à plus d’autonomie.

« Le troc n’est pas une fin en soi, la finalité est politique. Nous sommes révolutionnaires et voulons construire l’Etat Communal – Yolanda, porte-parole nationale du réseau de troc du Venezuela.

Au-delà donc de l’aspect solidaire de l’initiative, on doit également admettre l’objectif politique visant à développer davantage l’idée d’un nouveau socialisme au sein de la communauté où le troc et les monnaies locales s’y associant ont été inscrits à la constitution.

“La Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela permet l’émergence de nouvelles formes d’organisation socio-productives (…) le modèle socio-productif communautaire et ses différentes formes d’organisation populaire sont basées sur des relations de production solidaires, via la mobilisation des potentialités productives de la communauté, comme outil pour impulser le développement intégral du pays » Hugo Chavez, Ley para el fomento y desarrollo de la economia popular-août 2008.

Le premier système de troc voit concrètement le jour en 2007. Actuellement, on dénombre treize sistemas de trueke à travers le pays ( Chiffres TAOA, voir lien ci-dessous).

Mouvement Sans Gravité à Maracay

Aujourd’hui, nous avons l’occasion de rencontrer un système de troc à Maracay initié par le « Mouvement Sans Gravité » dont les locaux sont situés sur le campus de l’Université Centrale du Venezuela (UCV). C’est  Sylva Alejandra qui nous accueille accompagnée de l’initiateur du projet d’origine chilienne. Ce groupe se dit apolitique, même s’il atteste que ses actions ont été impulsées par  les initiatives lancées par le président Chavez, qui a inscrit le troc à la constitution du Venezuela, tout en se basant sur les expériences des pays voisins. Ils se disent contestataires face au système en place quel que soit ce système afin de garder un esprit critique et libre.

Ce mouvement, en plus de ses activités de troc, propose des ateliers de coutures, tricot, percussions, création d’instruments Mapuche… Il vise avant tout, au travers de ses actions, à motiver les étudiants à d’autres initiatives et casser l’inertie. Ils veulent une prise de conscience collective se basant sur l’idée qu’un mode de vie plus simple et plus sain est possible. A cela s’ajoute un but écologique qui trouve toute son importance dans ce pays où la politique écologique est quasiment inexistante.

La philosophie de ces systèmes de troc rejoint les initiatives plus communément appelées chez nous les SEL (Services d’Echanges Locaux) qui visent l’échange non seulement de marchandises ou matériaux, mais surtout et avant tout un échange de savoirs et de services afin d’augmenter la solidarité et les relations communautaires. Dans ce système de troc, ce sont les deux parties impliquées dans l’action de troc qui déterminent les valeurs de l’échange. Il n’y a donc pas d’utilisation de monnaie locale particulière dans ce cadre-ci.

Le Mouvement Sans Gravité fonctionne sans financement et vise l’étendue de ses projets au-delà de l’Université à travers des activités de sensibilisation et de la propagande via internet. Ils organisent des activités de troc pour initier les enfants et les habituer à d’autres modes de fonctionnement.

A travers ses initiatives, le Mouvement Sans Gravité a pour but final le réveil des consciences pour développer un système basé sur plus de solidarité et moins de consumérisme.

http://www.taoaproject.org/publications-videos/videos/reportage-taoa-trueke-a-la-rencontre-des-clubs-de-troc-du-venezuela/

http://rednacionaldetrueke.blogspot.com/

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